histoire du village


Le château et le village

Pierre de France, fils du Roi Louis VI le Gros, épouse en 1126 l'héritière des Comtes de Courtenay. L'ainé des enfants issus de ce mariage, Guillaume 1er de Courtenay acquiert la châtellenie de La Ferté Loupière dont dépendait le domaine de la Coudre près de Perreux et le château de La Celle St Cyr. Ces domaines échurent ensuite à son fils Jean 1er de Courtenay qui épousa Jeanne de Sancerre. Il mourut en 1318 et ses terres devinrent la propriété de son second fils Philippe 1er de Courtenay. Ce dernier décédé en 1412, son fils Jean II de Courtenay hérite des domaines. Jean II de Courtenay ayant pris les armes contre le roi Charles VI allié des Anglais, il est déchu de ses titres, ses biens furent confisqués et donnés à Guy de la Trémouille, comte de JOIGNY et Seigneur de Cézy. Ce dernier avait reçu la châtellenie de Cézy de la part des Anglais qui avaient confisqué les biens de Guy de Chauvigny au profit de Bureau de la Rivière. Les biens de Guy de la Trémoille furent cédés au profit de Bureau de la Rivière. Le fils de ce dernier vendit le domaine à Jacques Cœur, l'habile argentier de Charles VII, jalousé par les nobles et haï du peuple. En 1453, les biens de Jacques Cœur furent saisis par ordre du Roi au profit de d'Antoine de Chabannes En 1457, à la suite d'un procès retentissant, Antoine de Chabannes fut emprisonné et une partie des biens fut restituée par Charles VII à Geoffroy Cœur le fils de Jacques Cœur. À la mort de Geoffroy Cœur en 1488, c'est Louis de Harlay, à cette époque échanson de Louis XI, ayant épousé Germaine Cœur, la fille de Geoffroy qui était propriétaire des 2/3 du domaine, la châtellenie de la Coudre fut vendue au puissant Seigneur René de Clermont du lieu de la Gallerande. Celle-ci comprenait bien sur La Celle-St-Cyr et il choisit de résider au château. De part son mariage avec Perrette d'Estouville, héritière des droits de Bureau de la Rivière, il était en possession de 1/3 de la châtellenie de Cézy. À sa mort en 1513, il laisse ses droits à son fils. Louis II de Clermont Gallerande. Ce dernier partage avec Louis De Harlay qui récupère 1/3 de Cézy, conserve La Celle-St-Cyr ou il vient s'installer en 1515. En 1520, il épouse Renée d'Amboise, la nièce du Cardinal Georges d'Amboise. Il rentre en conflit avec les moines de Ste Colombe de Sens qui possédaient la moitié des terres dans le village. La lutte pour la suprématie est engagée . Il entreprend l'agrandissement de l'église que nous connaissons aujourd'hui. Son blason et celui de son épouse figurent sur le portail en bois. En 1540, à sa mort, son fils ainé Georges 1er de Clermont se marie avec Pernelle de Blanchefort. En 1548, ce dernier rachète toutes les terres des moines de St Colombe, entre 1550 et 1558. Il devient seigneur de La Ferté-Loupière, du ressort de la Coudre, du bailliage de Troyes, ayant son bailli et son siège de justice à Villiers-sur-Tholon. Il est également seigneur de Béon. L'ornementation au-dessus de l'entrée principale de l'église, côté cimetière à l'époque, est dédiée à St Jean d'après un modèle de Jacques Androuët Cerceau en 1557. Les pierres de notre région ne peuvent pas être utilisées pour être sculptées. Notre porche a dû être taillé à Troyes puis transporté pour être assemblé sur place. Il fait considérablement agrandir et embellir le château. Son épouse étant décédée, il se remarie en 1559 avec Anne d'Alègre, veuve Du Prat, qui va déshériter ses enfants au profit de son époux. Le couple va donc quitter le village pour s'installer au château de Précy domicile de la nouvelle épousée. En 1563, il rachète les terres appartenant à l'Abbaye de St Germain d'Auxerre sur Villiers. Georges 1er de Clermont se rangeait au rang des huguenots, il en devenait un des chefs et cette même année l'amiral de Coligny, le chef de la réforme, lui confit la défense d'Orléans. En 1567, il prend part à la bataille de Saint Denis pendant laquelle il est sérieusement blessé, il rentre passer sa convalescence à Précy et en octobre de la même année, il fait sa soumission au roi Charles IX qui lui accorde son pardon. Dès sa convalescence terminée, il reprend sa place parmi les chefs protestants. C'est à cette époque qu'il devient veuf pour la seconde fois. L'héritage de sa femme, déjà contesté de son vivant, va entrainer une suite de procès retentissants. Prudemment, Georges 1er de Clermont Gallerande refusera de toucher à cet héritage, il conservera son château de La Celle-St-Cyr et ira habiter celui de Gallerande propriété familiale. En 1573 II se remarie avec Anne de Savoie. 1574 Charles IX décédé et Henri III accède au trône Les guerres de religion se raniment. En 1576, Georges 1ᵉʳ de Clermont obtient le titre de Marquis, il dirige une flotte de guerre, mais subit une lourde défaite en 1577. À partir de cette date, il se retire dans ces terres d'Anjou jusqu'à son décès en 1581. Son fils ainé ayant été tué en même temps que le Prince de Condé, à Jarnac en 1589, ce fut le cadet prénommé également Georges, né vers 1545, qui prit le titre de Marquis de Gallerande. Georges II de Clermont Gallerande était conseiller du roi, les protestants perdant les avantages qu'ils avaient acquis, il fut chassé de sa fonction et retourna à Gallerande. Il y mourut en 1611. En 1572, il avait épousé Marie Clutin dame de St Aignant. Ils eurent quatre enfants dont Henri de Clermont Gallerande qui lui succéda. Ce dernier se maria en 1620 avec Louise De Polignac. Pendant ce temps, au château de La Celle-St-Cyr, vivait un pasteur, les protestants venaient de St-Julien et même de Sens. Ce pasteur abjurait en 1616, mais l'église resta ouverte. Henri de Clermont abjurait aussi en 1624, le château fut fermé aux protestants en 1627. Henri se retira dans ses terres en Anjou où il mourut en 1651. La grosse fortune des Clermont Gallerande, très compromise par les sacrifices consentis à la cause protestante, l'entraina à mettre en vente le domaine de La Celle-St-Cyr. Une famille de financiers Pierre et Richard Gruyn de Valgrand en devient propriétaire avant 1646. Par suite de diverses successions et adjudications, la dernière propriétaire en 1765 était Geneviève Gruyn, Marquise de St Auban. En 1782, la Marquise de St Auban vendait tous ses biens à M et Mme la Comtesse d'Hallweyl d'origine Suisse, en 1785 le comte d'Hallweyl décède, l'héritage revient à sa femme qui habita le château jusqu'en 1792 en 1784, leur fille, la comtesse Marie Ursule Françoise, avait épousé le comte Valentin Esterhazy. De 1784 à 1792, le château fut habité par le couple, en 1792, les biens des nobles furent mis sous séquestre, la famille Esterhazy s'exila, confiant la gestion au Maire et Notaire du village Me Charles Louis Cuissard, le château, inhabité, souvent pillé, tomba en ruine. Le séquestre ne fut levé qu'en 1805. La comtesse d'Hallweyl et le comte Valentin Esterhazy meurent également cette même année 1805. De ce fait, la comtesse Esterhazy hérite du domaine, mais elle décède en 1818 et c'est Almeira Esterhazy leur fille mariée en 1815 avec Albert Joseph Comte Murray de Melguin qui en est la dernière héritière. Le Comte Murray de Melgin devient donc le nouveau châtelain. Dès 1819 le comte Murray revend toutes les terres et tous les biens, par lots, aux paysans du village et à des spéculateurs de "la bande noire" Le démembrement du domaine se déroula par adjudications successives jusqu'en 1829. À cette époque, la châtellenie de La Celle-St-Cyr regroupait, Béon, Chamvres, Paroy et Villers sur Tholon et une partie de Perreux. Le château, lui, fut revendu à François Barry, Maire de Précy, qui le fit démolir pour récupérer les pierres et faire construire un château sur ses terres de Précy.
Il ne reste désormais que la tour des Gardes et la tour des Pages, devenues des habitations privées.



Histoire de l'église

     A la  Cella

C'est le nom de la paroisse de La Celle St Cyr depuis le IX siècle. Une petite église fut construite au Moyen Âge sous l'impulsion des moines de l'Abbaye de Ste Colombes les Sens qui possédaient une partie des terres du village. L'abside, le chœur et la piscine trilobée portent la facture du XIII siècle. Pendant la guerre de Cent Ans, cette église fut la seule de la région à demeurer ouverte au culte. Les habitants des villages voisins venaient donc célébrer l'office à La Celle.Au début du XVI siècle, Louis de Clermont Gallerande devient le seigneur du village. Il entreprend de chasser le chambrier des moines de Ste Colombe et d'agrandir l'église. La nef et les bas côtés furent construits vers le milieu du XVI siècle et les styles se mélangent. La porte basse est de style Roman. Le Portail de style gothique flamboyant et les fenêtres à meneaux du style renaissance. La grande porte à deux battants est ornée de clous tréflés. Elle porte les blasons de Louis de Clermont et sa femme Renée d'Amboise.

À l'intérieur de l'église se trouve deux petites statues en bois polychrome. Elles représentent les patrons de l'église, depuis le XIV siècle : Saint CYR et sa mère Sainte JULITTE. Pendant la révolution, elles furent cachées sous des sarments par des paysannes du village. Se trouve également une statue en pierre de St Antoine datant de la fin du XV siècle et une statue décapitée en pierre polychrome représentant un prélat. Les blasons sculptés sur la chasuble laissent supposer qu'il s'agit du cardinal d'Amboise, oncle de Renée d'Amboise, l'épouse de Louis de Clermont.

Restaurée une première fois entre 1868 et 1878. La charpente et la couverture ont été entièrement restaurées en 1961 et le coq du clocher remplacé. La dernière restauration date du début des années 2000.


Le Ruisseau de La Fontaine St Cyr

Le ru de la Fontaine St Cyr prend sa source au lieu dit" la fontaine" situé à l'entrée sud du village.    Il traverse la commune et rejoint le Vrin au nord vers la Petite Celle.
Avant d’être canalisé sous la rue de l'église, il arrivait à la hauteur de notre lavoir actuel et y formait une mare, il traversait la rue et longeait le bas-côté, pour ensuite courir le long du chemin de la Celle à Cézy,l'actuelle Route du Bas du Parc.
Pour laver le linge, les femmes s'échelonnaient le long de la rue de l'église. Le passage fréquent des charrettes pouvant provoquer des accidents. II a été décidé en 1867 d'établir un lavoir non couvert sur la mare Communale qui se trouve en bas de la place publique.
Avant 1870, seuls les villageois habitant au bord du ru étaient privilégiés, les autres devaient se déplacer jusqu'à la source ou bien aller aux divers puits pour se procurer l'eau dont ils avaient besoin.
Il est donc décidé de construire une conduite d'eau dans le village. Les hameaux de Loivre, Beaumont et du Cognie Bollay sont encore privés d'eau.

En 1872, suite à une supplique de ces habitants, il est convenu de faire une dérivation En 1882, les habitants s'engagent à réaliser à leurs frais le raccordement de la conduite jusqu'à leur domicile En 1883, les plans et devis établis par le conducteur des ponts et chaussées M. Grojean, sont examinés Le conseil municipal accepte le projet pour la somme de 17 500 Fr et établi un projet de règlement Ainsi ,en 1884, il est constitué une société des eaux qui gérera le captage de la source pendant 30 ans.
Ce n'est qu'en 1905, que le lavoir actuel fut construit, vraisemblablement sur l'emplacement de cette ancienne mare. A la même époque, les lavoirs de La Petite Celle et de Ruban furent construits également.

À l'expiration de ce délai, le captage deviendra la propriété exclusive de la commune.

En 1936, la commune de Cézy demande à s'alimenter en eau à la Fontaine st Cyr. Ce souhait est refusé dans un premier temps, puis en mai 1939, le conseil municipal donne son accord sous les conditions suivantes, le tuyau d'amené de l'eau devra être au-dessus de celui de la Celle. Il devra alimenter le cimetière, les bouches à incendie sur le parcours, une dérivation pour alimenter la Petite Celle et un diaphragme limitant à 21l/s le débit vers Cézy. Après études, devis, accords, c'est en 1957 que l'approbation définitive est donnée. Depuis 2014, en raison de la mauvaise qualité de l'eau de notre source, nous avons dû nous raccorder sur la Salbrette à Cézy, l'eau circule désormais dans le sens inverse.

Les moulins

Le Moulin d'en-Haut, avec un bief, grand bâtiment avec un toit à la Mansard. Ce toit et l'étage supérieur furent détruits par un incendie en 1913. Il fut transformé en scierie.
Le Moulin d'en- Bas
, au lieu dit le Bas du Parc, actuellement Habitation particulière.
Le Vrin prend sa source dans les bois de Merry-la-Vallée. À la hauteur du lieu dit " les Marais" il crée un 2ᵉ bras : le ru des Moulins qui alimentait les deux moulins.
Le ru de La fontaine St Cyr rejoint le Vrin en amont du pont de la Petite Celle. Passé le pont, un deuxième bras se crée, le ru du bois qui poursuit vers Cézy, mais au passage, une dérivation rejoint la Petite Celle et alimente le lavoir rue de la source. Le Vrin passe le Moulin de Batilly et poursuit en direction de Cézy.

Ces Deux moulins, propriété du château, furent vendus en bloc avec les 15 hectares de prairie environnante en 1829 , à Auguste Vincent lors de la succession Esterhazy par le comte Murray de Melguin.
Le Moulin de Batilly ou "Moulin Neuf ", propriété de l'Abbaye des Echarlis Vendu comme bien national à la révolution, tombant en ruine, il fut reconstruit en 1816, d'où l'appellation de "Moulin neuf "de Batilly Abrite actuellement un élevage de chevaux.

La chapelle Didout

Sépulture édifiée en 1847

Le 5 JUIN 1847, par une belle journée ensoleillée, le garde champêtre du village armé de son fusil de chasse, surveillait la campagne. En haut de la voie blanche (aujourd'hui rue de la chapelle), il a vu dans le champ de blé des épis qui bougeaient anormalement. Il a alors pensé que des volailles en liberté, se régalaient dans les récoltes, ce qui était strictement interdit. Sans plus de réflexion, il a tiré. En se rapprochant, il s'est aperçu de son énorme erreur, il venait de tuer Sophie DIDOUT une fillette de 11 ans qui jouait. II fut très sévèrement condamné par la justice.
Pour maintenir le souvenir de leur fille, les parents firent construire une chapelle à l'endroit même de sa mort. A l'intérieur, une épitaphe a été gravée :

La chapelle Didout dite de la Sainte Enfance en souvenir de Sophie Didout.

Deux autres plaques sont également accrochées au mur, sur une, on peut lire :

ici repose dans cette chapelle bâtie en sa mémoire Sophie Didout, tuée d'un coup de fusil le 5 juin 1847 à l'âge de 11 ans. Fille d'Auguste Didout et Sophie Vincent. Petite fille d'Auguste Didout et Edmée Baudoin par son père et de Vincent et Julienne Branger par sa mère Ses parents ainsi que Théodore Roy et Euphrasie Didout y ont été inhumés L'ensemble des corps a depuis été relevé et repose dans l'ossuaire du cimetière.

Le chêne aux sœurs

C'est une curiosité qui mérite de figurer dans les annales de notre commune.

Situé sur la route qui relie le Cognie Bollay à La Mothe, à la limite de Béon,le long des bois de Larrey, cet arbre devait apprécier cet endroit privilégié, car il avait atteint 3,5m de diamètre et était plusieurs fois centenaire. Exposé aux intempéries, il avait fièrement résisté aux rigueurs du temps, jusqu'au 2 février 1990 ou une forte tempête a littéralement fait éclater son tronc.
Ce fut une fâcheuse et triste nouvelle pour bien des villageois, l'endroit était connu de toutes et tous comme un agréable but de promenades, ou de rendez-vous.
Pourquoi cette appellation Chêne aux sœurs ? Peut-être un rapport avec la Chartreuse de" Val Profonde" située non loin de là sur la commune de Béon ? les moniales venaient-elles s'y recueillir ?

Ou une légende oubliée ? Qui sait ?

Notre poète Eugène Pithioux

Charles Eugène Pithioux est né le 11 janvier 1883 dans la commune de St-Jean-des-vignes en Saône-et-Loire, rebaptisée Chalon-sur-Saône depuis 1954. Il a participé au conflit 1914-1918 avec le grade de Sous-Lieutenant dans le 168ème R.l. immatriculé sous le N° 4620 lors de son recrutement au 4ᵉ bureau de la Seine. Il a été tué à l'ennemi le 19 septembre 1915 à l'age de 32 ans au "Bois de la Gruerie" dans la commune de Vienne le Château dans la Marne.
Son décès a été transcrit le 5 février
1916 à La Celle St Cyr.